lundi 07 décembre
Secrets
Dans le calendrier de l'Avent aujourd'hui: un tout petit rouleau, à lire entre grandes filles au moment du goûter, un cadeau qui s'étalera dans la durée:
"12 secrets de beauté pour être encore plus jolie...".
Click pour agrandir et lire le message!
Au dos de l'étiquette agrafée à la pochette où se trouvent les 12 rouleaux:
"Voici pour toi douze secrets de beauté et de charme à découvrir au fil des mois. Il n'y a aucune urgence. Tu es déjà toute mignonne! N'ouvre qu'un seul rouleau par mois, à la date de ton choix, et applique bien chacun des conseils qui te sont donnés par Hérissonne. Tu es déjà très jolie, tu vas devenir magnifique!"
(création Marie Genty)
J'ai toujours en tête, ce souhait pour mes filles: grandir en aimant son corps, exprimé dans ce billet.
Ces secrets qui n'en sont pas, si simples, sont applicables par tout le monde et à n'importe quel âge (En tous cas, je les prends aussi pour moi...): avoir les cheveux propres, soigner les détails, se nourrir convenablement, sourire et aller vers les autres... ( "Partage! Ta beauté est là quand tu exprimes ce que tu aimes et ce que tu es!" ) mais dévoilés ainsi, retrouvent l'importance à laquelle ils ont rarement droit. C'est l'éloge de la féminité mais sans jamais se renier soi.
vendredi 27 novembre
Grandir
Mardi, j'ai rencontré un gendarme à moto qui m'a demandé pourquoi j'étais si pressée, hier soir un renard avec qui j'ai eu le temps d'échanger un long regard et ce soir un américain au supermarché. Je n'ai échangé mon e-mail qu'avec l'américain. La vie est surprenante.
Aujourd'hui, j'ai pensé à la confiance qui fait grandir.
Aujourd'hui, j'ai appris que j'avais toujours compris de travers la citation de René Char, écrite (presque) en haut de la première page de mon premier cahier:
"Impose ta chance, sers serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s
Il s'agit de serrer son bonheur et non de le servir... et moi qui m'étais mis ça en tête depuis des années...
Finalement, je suis contente de m'être mis ça en tête depuis des années.
Mais merci quand même Sit (A voir: la FunTheory sur son blog).
lundi 23 novembre
Fileuse de laine
C'est... juste un bas de pyjama (le haut PB de l'Usine à Roubaix) / un joli pyjama pour pas très cher / la première fois que Mademoiselle Caramel est contente d'un vêtement que je lui couds / ce qui l'a poussée à prendre son bain à 17 heures...
Ce sont juste... les murs et le toit d'une cabane / quelques morceaux de bois, un opinel, de la ficelle / les quartiers de Plume rousse, guerrière, la magicienne de l'Eau et du Feu / des heures et des heures à jouer dehors...
Je me demande souvent ce que mes enfants retiendront de leur enfance... Une enfance pleine d'exigences, contrebalancées par de la tendresse et de la liberté, dans un cadre donné.
J'ai, en tête, mon passage préféré de "Terre des hommes" (publié aux USA sous le titre de Wind and stars) de Saint Exupéry, quand il est dans le désert, dans les dunes, logé entre le sable et les étoiles, et qu'il songe à la maison où il a grandi et à sa vieille gouvernante, qui plie le linge et ne voit que les ombres des arbres du parc...
"Ah! le merveilleux d'une maison n'est point qu'elle vous abrite ou vous réchauffe, ni qu'on en possède les murs. Mais bien qu'elle ait lentement déposé en nous ces provisions de douceur. Qu'elle forme, dans le fond du coeur, ce massif obscur dont naissent, comme des eaux de source, les songes...
Mon Sahara, mon Sahara, te voilà tout entier enchanté par une fileuse de laine!"
mercredi 21 octobre
Petites choses (3)
Aujourd'hui, il a plu toute la journée, de grosses gouttes qui trempent de la tête aux pieds. Les enfants fatigués, sont contents de rester au chaud. On abandonne l'idée d'aller se promener et on ressort la peinture du placard. C'est le genre de Mercredi qui peut vite tourner au cauchemar. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je sais quelle est ma chance et je suis prête à en payer le prix. Des enfants qui se cherchent mais qui ne se trouveront pas, des enfants en manque de grand air mais qui laisseront souffler les autres, des enfants qui très vite, semblent comprendre qu'aujourd'hui, je n'ai pas la tête à ça et qui décident de se tenir à carreau pour que tout se passe bien. Parce que j'en ai décidé ainsi et qu'aujourd'hui, alors qu'il fait un temps d'enterrement, certains enterrent vraiment leur proche. Alors mon regard est différent. Je regarde chaque petite chose et je la vois autrement. Et cela me donne de la force.
Mademoiselle Caramel dessine des orages à la chaîne... / Et des bonshommes aussi. Sur ses cheveux enfin disciplinés, un papillon s'est posé. Merci Silo! / Les petites choses de ce Mercredi font que le gâteau au potiron, commencé à trois heures ne sera mis au four qu'à cinq.
lundi 14 septembre
Leur histoire
Quand mes filles voient leur grand-mère maternelle, il y a entre elles, pour certaines choses, une complicité naturelle qui me surprend mais n'a pas à s'expliquer. Elles se comprennent, c'est tout.
J'ai trois foulards dans mon placard et quatre paires de boucles d'oreille en tout et pour tout. Des foulards unis et des boucles légères... des accessoires passe-partout sans beaucoup de caractère. Pas de quoi amuser mes filles.
Chez leur grand-mère, c'est tout le contraire. Dans ses tiroirs: des châles, des foulards, des étoles, des chapeaux et des bijoux pas ordinaires... De quoi se draper de rêve et en choisissant entre les perles, les pendants en strass, l'or ou l'argent, jouer à découvrir quelle femme on deviendra.
J'aime rester en retrait, un peu étrangère et les regarder faire. C'est leur histoire.
J'aime aussi prendre conscience de ces liens parfois imprévisibles qui unissent les femmes de la famille. Ma mère m'a toujours dit que je partageais avec sa propre mère le goût du fromage et de la bière...
Ma grand-mère que l'on voit en jeune mariée derrière mademoiselle Vanille.
mercredi 02 septembre
Devoirs de vacances (16)
Jusqu'au dernier moment... nous aurons profité!
Les serviettes de plage ont juste été rincées par la machine à laver, sans lessive pour garder l'odeur du sel et ce côté rêche qui me plait. Quelques petits coquillages, patiemment ramassés sont venus rejoindre le petit tas déjà formé sur la commode du salon, là où on peut admirer nos trésors de l'été. Je garde comme derniers souvenirs de vacances, à ressortir quand il fera froid: mes enfants assis sur la fontaine du Petit Prince à Agay, dévorant des chouquettes, fatigués mais heureux ; puis la route plein ouest avec le soleil qui m'éblouit mais ce n'est pas si grave puisque je suis salée, que mes filles chantent avec moi des chansons de Cabrel qui parlent du temps qui passe et qui efface tout sauf... l'Essentiel.
Aujourd'hui, nous avons rangé et nous nous sommes préparés à rentrer. Pendant la sieste, alors que Rhum-Coco me faisait la lecture de l'Abc de Richard Scarry, lecture entrecoupée de fou-rires... j'ai recopié un dessin du même auteur, pour l'afficher dans l'entrée à la place de celui-ci.
Pas question de confondre grains de sable, cailloux, pierre et gros rocher.
(L'histoire: ICI)
"Quelles sont nos bonnes résolutions pour l'année scolaire 2009-2010, en fonction de nos priorités à chacune, la place et le temps qui leur seront attribués dans nos semaines époustouflantes?..." C'est la question à laquelle je dois réfléchir jusqu'au 17 septembre... Une question posée à moi et à d'autres, par une amie qui a 6 enfants et qui reprend le boulot demain...
Et ce soir, le paquetage de Mademoiselle Caramel est prêt... Le cartable de Rhum-Coco vidé et nettoyé... Les billes ont été retrouvées... Les enfants, propres commes des sous neufs, peuvent rentrer.
lundi 17 août
Rencontre
( Hier, en fin d'après-midi, nous avons passé trois heures dans un chausse-trape dans le massif des Maures entre canadairs, accident et défilés militaires. Nous avons donc manqué le train de retour des filles et les avons récupérées (entre de bonnes mains) avec deux petites heures de retard... )
Nous voilà donc réunis à la maison nouvellement parfumée de la bonne vieille odeur de tente scoute: un mélange d'herbe mouillée et de vieux grenier. Les enfants se reposent, épuisés mais heureux d'être rentrés, et moi, entre deux machines que je pend, dépend, plie et range, je les regarde et je les jauge. Un peu comme une poule regarderait sa couvée: avec fierté et bonheur de les voir réunis; mais aussi me demandant ce qui se cache derrière ce calme apparent et ce qu'ils vont bientôt pouvoir inventer...
Je ne cesse de penser à cette rencontre il y a quelques semaines, lors d'une soirée chez des amis; ce genre de dîner où l'on croise de gens en vacances qui ne font que passer, avec qui on a plaisir de discuter pour voir un peu comment c'est "chez eux". Je parlais avec cette jeune femme, ou plutôt elle me racontait, parlant très vite sans me laisser placer un mot... comme leur vie était agréable à sauter dans un avion chaque week-end pour découvrir une nouvelle capitale. Je l'écoutais m'expliquer le Musée du Vatican, les Ramblas ou les plages du Mexique. J'écoutais tout cela avec une pointe d'envie, presque de l'agacement, mais au moment où j'allais enfin pouvoir parler, elle ponctua sa longue tirade par ces mots qui me laissèrent sans voix. "Mais tu comprends, nous, nous avons la chance de n'avoir qu'un enfant."
Mon agacement a cessé en un instant laissant place à la perplexité et la discussion a tourné court.
Je n'ai jamais eu le sens de la répartie, et nos différences m'ont soudain parues insurmontables... Et pourtant, j'aurais aimé trouvé les mots pour continuer cette discussion!
"L'écureuil n'admet pas le mouvement de la couleuvre. Le lièvre fuit quand la tortue et le hérisson se replient. Tu retrouveras toute cette diversité chez les hommes. Cesse donc de blâmer ce qui différe de toi. Une société d'hommes ne saurait être parfaite que si elle nécessite l'emploi de maintes formes d'activité, que si elle favorise l'éclosion de maintes formes de bonheur."
André Gide (dans les Nouvelles nourritures)
Parce qu'aujourd'hui, ma chance prend bien la forme d'un trèfle à 4 feuilles et non pas celle d'un brin de muguet.
Les deux petits ont vite repris du poil de la bête...
jeudi 30 juillet
Devoirs de vacances (8)
Les grandes vacances sont toujours un bel exercice de lâcher prise...
Apprendre à rester zen au milieu du chaos (ma bonne résolution de l'année...), accepter les disputes et les rivalités fraternelles inévitables (en ayant parfois la sagesse de se mettre aux abris) et supporter d'être frustré (de moments au désert en ce qui me concerne). Il faut aussi garder le rythme si l'on veut finir la course dans de bonnes conditions: nous avons du temps, encore faut-il bien en disposer! Choisir ce qui nous redonne le souffle, freiner un peu les ardeurs qui essoufflent...
Et garder la tête claire: le soir, dès que Mister Pistache est rentré, je mets des baskets et je file marcher dans la campagne avec qui veut, reprendre mes esprits, retrouver l'esprit...
Miss Vanille a les mollets bien bronzés, n'est-ce pas? Il est 19 heures 30: la lumière baisse mais il fait encore si chaud. Les enfants cueillent des grains de raisin encore verts qu'ils pèlent d'un coup d'ongle. Ces gros bonbons éclatent en bouche, nous rafraichissent et nous font patienter.
mercredi 24 juin
Soupir de soulagement
Aujourd'hui, c'est la fête de Rhum-Coco (qui dans la vraie vie aussi à un prénom composé...). Dans une fratrie, il y en a toujours un qui demande plus d'attention que les autres et cette année scolaire ce fut lui. (et je ne compte plus les billets que je lui ai consacré ici).
Un enfant sociable, attachant, volontaire et profondément gentil. Un enfant remuant, exaspérant et ayant du mal à gérer ses émotions. "Pas très mûr pour son âge" me dit-on souvent. Et tout à fait hérmétique aux "joies de l'école" depuis qu'il lui faut travailler...
Peut-être a-t-il trop traîné dans les champs d'oliviers, libre de tout horaire et de toute contrainte, ne rentrant à la maison que pour attraper à manger; peut-être m'a-t-il trop entendu dire à ses soeurs que "les notes, ça n'était pas important" sans prêter attention à la seconde partie de la phrase qui disait "seul compte le travail fourni". Sans doute aussi ressemble-t-il à son père pour qui rester assis en séminaire ressemble à une punition. Je me suis aussi souvent demandé si je faisais bien de toujours privilégier le rêve et la création...
Et puis Sissi m'a envoyé un lien qui m'a conforté dans l'idée que les enfants ont besoin de moments bien à eux, loin des contraintes horaires et de la suractivité, juste vivre leur enfance comme bon leur semblait.... Alors? C'est encore une question d'équilibre... Les maîtresses de CP et de CE1 m'avaient expliqué que ça n'était ni un problème de capacité, ni d'attitude. Il était plutôt question de se mettre au travail, d'apprendre à se concentrer et à restituer l'information.
Apprendre l'école. Apprendre à être heureux à l'école. Apprendre aussi le sens de l'effort et la joie de savoir. Pas pour en faire une bête de concours... pour qu'il s'épanouisse tout simplement.
A la fin de l'année, le bilan est positif: Rhum-Coco apprend et retient... enfin (soupir de soulagement)!
Rien n'est gagné bien-sûr mais... Jusqu'à présent, c'est gagné parce que nous le sentons "mieux" "mieux dans ses baskets". A nous de lui dire comme nous sommes fiers de ses résultats efforts scolaires et à nous de continuer de valoriser toutes ses (très nombreuses) aptitudes extra-scolaires.
En cuisine, se concentrer est plus facile!
Pour la fournée d'hier et la fournée d'aujourd'hui, de la volonté!
Apprendre aussi que broder en buvant du Banania peut s'avérer délicat...
Un travail d'équipe entre l'école, l'enfant et la maison qui méritait bien quelques tartelettes aux amandes et aux miel.
Merci Bla-Bla pour le modèle de petite boite en papier plié. Ici, en papier cuisson, pour la maîtresse, c'est emballé.
samedi 20 juin
Juste avant que ne finisse le Printemps
Juste avant que n'arrive l'été, je vous montre enfin la broderie de Printemps.
Mélanger les points délicats et les points plus "grossiers"... Passer d'un style à un autre. Broder après avoir arraché quelques tiges de chiendent, mes doigts s'agitant sous mon nez plein de la bonne odeur de l'herbe... Les fleurs sous le U sont devenus un mouton du Luberon (Ugolin?) mais je ne suis plus à une bizarrerie près. Il manque la fin de la phrase mais ce sera pour le Printemps prochain: au placard la broderie... Le Printemps est fini.
(D'inspirations diverses: MCI, Bénédicte Réveilhac, Sukie, mes enfants...)
"Le bonheur ressemble à un jardin plutôt qu'à une maison, un jardin à l'anglaise.
Il peut donner la même illusion trompeuse de facilité et d'harmonie qui paraissent naturelles et spontanées mais en réalité, il y a toujours du travail derrière cette apparence. Le bonheur c'est pareil: de l'extérieur, tout peut sembler facile et spontané, mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu'il est le fruit de toute une série d'efforts actuels ou passés. Comme le jardinage, le bonheur est un travail de tous les jours, il peut être agréable mais pas toujours, il est dans garantie de succès immédiat, et il peut connaître de mauvaises annnées.
Mais au final, cela vaut toujours mieux que de laisser le jardin à l'abandon, avec toutes les mauvaises herbes du stress et du cafard qui ne tardent pas à prendre toute la place. Il y a aussi le bonheur sauvage, c'est celui qui vous tombe dessus, fruit du hasard ou de la chance."
(Je ne sais pas de qui est ce texte mais il m'a accompagné tout ce Printemps, toute cette broderie. J'y ai aussi pensé en ébourgeonnant la vigne de la treille perchée sur un escabeau, en taillant les sauges et les rosiers remontants et j'y pense encore chaque jour.)





















