menu

view

P2270030

blue

tavola

vita

 Ah! le tas de fleur de sel et le grain de poivre là posés.

Turin au tout début, ça devait être un voyage en Amoureux ; et puis au plus, j'en apprenais sur la ville au plus, je me disais qu'il fallait y emmener les Petits: deuxième plus beau Musée d'Egyptologie après celui du Caire, chocolat, bonbons, esquimaux glacés, Musée du Cinéma etc... / On a laissé les Grandes, une fois de plus, ravies de nous voir déguerpir. Pour aller à Turin en partant de chez nous, il faut traverser les montagnes et ce jour là, le ciel était si bleu et la neige si blanche que vous comprendrez facilement nos envies de crème Chantilly. / Nous sommes arrivés chez Eataly affamés et avec de pressantes envies de faire pipi. J'ai ri en voyant le grand panneau qui expliquait que les Toilettes se trouvaient exactement où ils devaient être: "au sous-sol, avec la bière". Autour d'un bar arrondi, j'ai eu le temps de voir (en courant) des bienheureux en train de déguster des fruits de mer frits dans de grandes assiettes garnies de papier, avec les verres qui vont bien avec. Quand on est moins pressé, on peut voir à l'entrée du Magasin, sur une ardoise, les Menus de chaque stand, affichés. Ensuite, il n'y a plus qu'à se diriger vers le Stand qui vous plaît pour commander ( Salumi e formaggio / Poisson / Viande / Pasta e pizza / Legumi / Caffé / Dolci / Gelati) avant d'aller vous asseoir à une table ou bien, vous pouvez vous asseoir au comptoir et regarder préparer. Il y a aussi, d'après ce que j'ai vu, au moins un petit restau plus gastronomique, qui proposait une sorte de consommé d'artichaut ; ça m'a comme tapé dans l'oeil. Dès qu'on est installé, on vous apporte du Pain bio dans des sacs en papier et de l'eau.  De la Slow Food! On attend un peu les hamburgers Giotto pour les enfants et à notre grande surprise, ils arrivent sans pain. Les produits sont bons et servis bruts. Pas de chichis: on laisse parler le produit et on fait: Ahhhhhhhhhhh! Je dois avoir cet air extatique parce que Pistache & Co me regardent en rigolant. De là où nous sommes assis, je vois le boucher en plein travail. Je l'entends aussi, qui tape avec sa hachette (Vlan!)sur le billot ; j'aperçois les brochettes, je devine les involtini, salsicce all aglio e la bistecca (souvenirs des soirs d'Eté en Toscane et en Ombrie...). Il y a juste à côté une toute petite vitrine de Pesto et de trofie (souvenirs de Cinque Terre au mois de Mai). Un peu plus loin, l'étal du poissonnier (la Maremme et les moustiques, mais aussi Venise). C'est là, sur un haut tabouret que je me serais installée si j'avais été seule, comme un avant-goût d'eau salée. Encore un peu plus loin, les rayonnages de fromage, tout un bout de Paradis perdu pour moi (tout en haut de la montagne, la cuisine de Barba gust). Ah, je suis trop loin des Pâtes (Pasta Cacio e pepe comme un baiser volé a Roma)! Oui, le Paradis existe, dans le Quartier du Lingotto, à Turin.

Il y a du choix et tout a l'air bon. Nous ne ferons pas de folie. Nous repartons repus juste ce qu'il faut (même pas de dessert). Un peu plus conscients sans doute que nous sommes ce que nous mangeons, que manger est un acte agricole, que quand nous achetons de quoi nous nourrir, nous influençons le monde dans lequel nous vivons. A chacun son rythme, ses talents, ses limites ; à prendre en compte. Nous n'avons pas acheté grand chose finalement mais ça m'a donné envie de cuisiner encore plus, du bon, du local ; ça m'a donné envie de manger. Manger pour me nourrir (et les autres aussi).